La Chapelle Saint-Privat

L’histoire

Saint-Privat est la première église de Montigny-lès-Metz.

Sa construction remonte au 9ème siècle. Elle est dédiée au saint ermite de Mende, martyrisé au 3ème siècle lors des grandes invasions, et dont les reliques auraient été transportées dans nos régions au 8ème siècle, sous les rois mérovingiens. Depuis l’époque gauloise, son site était favorable, entre Seille et Moselle, au sud de Divodurum (nom celtique de Metz qui pourrait signifier « forteresse des dieux ») et à l’intersection de deux voies romaines majeures, l’une nord-sud (Aix-la-Chapelle – Metz – Dieulouard), l’autre est-ouest (Reims – Soissons – Paris).

Chapelle St Privat

Tout autour se développe, dès l’Antiquité, un bourg rural regroupant des fermes fortifiées. C’est le bastion avancé de la cité des Médiomatriques, du nom de la tribu gauloise installée sur ce territoire, devenue civitas Mettensis à l’époque romaine, puis par contraction Mettis et enfin Metz. Tout comme les nombreux villages du sud messin, Saint-Privat fournissait produits d’élevage et récoltes abondantes nécessaires à la vie quotidienne du pays. On y établit aussi une grande nécropole riche en trouvailles archéologiques de l’Antiquité au Moyen âge, à admirer aujourd’hui aux Musées de Metz-Métropole.

Jusqu’au 14ème siècle, l’église Saint-Privat rassemble de nombreuses annexes : Saint-Ladre, Grange-le-Mercier, Tournebride, Sablon, Frescaty, Blory, Frescatelly.

Pillé à maintes reprises au cours des siècles, ce lieu fut toujours rétabli jusqu’en 1552.

Chapelle St Privat

Charles Quint assiège Metz défendue par le Duc de Guise qui fait raser les faubourgs de la ville, dont Saint-Privat. Mais l’église n’est pas entièrement détruite et son site sert de lieu de sépultures où, par la suite, des personnalités seront inhumées.

Remise en état, elle sert aux calvinistes qui célèbrent leur premier office le 21 septembre 1561. Les catholiques doivent se rendre à la paroisse de Magny. Par la suite, Saint-Privat se dégrade alors même que le lieu-dit de Montigny devient un nouveau pôle d’attraction avec la fondation en 1641 d’un couvent de religieuses bénédictines, Saint-Antoine de Padoue, dont la chapelle accueille les fidèles pour la messe dominicale. Les tensions montent entre les résidents de Saint-Privat qui réclament le rétablissement de leur église et ceux de Montigny de plus en plus nombreux (29 familles contre 9). Les péripéties se poursuivent jusqu’en 1729, date à laquelle Monseigneur de Coislin, évêque de Metz, fait bâtir, à ses frais, en action de grâce pour la naissance du dauphin, un édifice plus vaste qui fonctionne jusqu’en 1906 où il est remplacé par l’église Saint-Joseph.

Néanmoins, en 1757, Monseigneur de Saint-Simon rétablit la cure de Saint-Privat. Cette décision n’altère pas la dynamique de Montigny qui se conclut au début de la révolution lorsque le conseil de district, le 30 avril 1793, ordonne le transfert de la cure de Saint-Privat à Montigny. L’église perd alors toute fonction cultuelle. Un particulier la loue pour y stocker des cuirs au service de l’armée. En 1810, elle disparaît sous la pioche des démolisseurs.

L’union administrative est réalisée par un décret de Napoléon 1er, signé au camp de Schönbrunn, le 5 août 1809. Les deux villages – Saint-Privat étant devenu un « Seigleville » très révolutionnaire – sont réunis et constituent la commune de Montigny-lès-Metz. L’église du couvent de Saint-Antoine devient église paroissiale de la ville.

Chapelle St Privat

En 1810, le conseil municipal déclare être « unanimement d’avis, vu le dépérissement de la dite église (Saint-Privat) et de son inutilité, qu’elle soit démolie ». L’emplacement laissé libre permet l’extension du cimetière.

Les rares souvenirs, un christ en bois portant quelques traces de polychromie et une statue en pierre du 15ème siècle représentant le saint évêque de Mende trouvent leur place à Saint-Joseph.

Les quelques ruines qui subsistent dans l’extension urbaine du 19ème siècle, un beau pilier roman, deux arcs en plein cintre, une voûte sur croisées d’ogives, des restes de peinture ont été aujourd’hui réhabilités.

Le 21ème siècle consacre la renaissance du plus vieil édifice de la ville de Montigny. Il conserve pourtant dans ses profondeurs les strates d’une occupation humaine encore plus ancienne.

On compte en France une dizaine de communes portant le nom de Saint-Privat.

Elus, archéologues, architectes, historiens et fidèles particuliers se sont rassemblés pour recréer une trace, un signe qui traverse l’histoire et nous mène vers un avenir à construire.

La Chapelle Saint-Privat est ouverte au public une fois par mois, de mars à octobre (sauf en juillet et août). Pour connaître les dates précises, consulter l’agenda des manifestations.

La rénovation

En 2005, un projet de construction immobilière à l’angle de la rue Franiatte et de la rue des Volontaires a fait l’objet d’une intervention archéologique préventive, menée par l’INRAP. Les sondages positifs ont permis de mettre en évidence des sépultures correspondant au cimetière de l’ancienne église Saint Privat.

Les seuls vestiges encore en élévation sont deux voûtes sur croisée d’ogives considérées comme les restes de la chapelle de l’église Saint Privat.

Dans le cadre de sa politique de mise en valeur du patrimoine local, la Ville de Montigny-lès-Metz a décidé, en 2006, d’engager la restauration des vestiges de cette chapelle. La maîtrise d’œuvre a été confiée à Monsieur Claude Gourdon, architecte, domicilié à Metz.

Les travaux de réhabilitation, d’un montant total de plus de 250 000 €, ont été menés en plusieurs phases :

  • démolition des derniers murs attenants à la chapelle
  • renfort de la croisée d’ogives avec une structure métallique
  • réfection des enduits extérieurs et intérieurs
  • création d’encadrements en pierre de taille
  • repose du motif ogival déplacé de l’arrière sur l’avant de la chapelle
  • pose d’une charpente en chêne avec une couverture de tuiles romaines anciennes
  • réalisation du chemin d’accès et installation d’une grille en fer forgé à l’entrée de l’allée

L’appel au mécénat

Considérant cette opération de restauration à la fois exceptionnelle par la qualité du parti pris architectural et significative de la volonté municipale de valoriser le patrimoine local, il a été décidé de mobiliser du mécénat autour de ce projet.

La Fondation du Patrimoine, association reconnue d’utilité publique dont la mission est de sauvegarder et de mettre en valeur de nombreux trésors méconnus, a lancé avec la municipalité une campagne de souscription encourageant le mécénat populaire et le mécénat d’entreprise.

Cette souscription a permis de recueillir 28 000 € de dons provenant d’entreprises et de particuliers auxquels s’ajoute une subvention de 6000 € de la Fondation du Patrimoine.

La Ville de Montigny-lès-Metz remercie chaleureusement tous les donateurs pour leur geste.